Positionnement pour la mobilité du futur

Le mois dernier, Apple a embauché un expert en intelligence artificielle de Nvidia. Nvidia est un fabricant de puces qui est mieux connu pour ses produits graphiques utilisés pour les jeux informatiques, mais qui s’est récemment impliquée dans le monde des véhicules autonomes. La nouvelle recrue, Jonathan Cohen, était le directeur de l’apprentissage en profondeur pour Nvidia. Par ailleurs, dans une récente interview, le PDG d’Apple, Tim Cook, a parlé de « changement énorme » à venir dans l’industrie automobile. Alors qu’Apple est toujours à divulguer quoi que ce soit à propos de son intérêt pour l’industrie des véhicules, les nouvelles indiquent de plus en plus qu‘Apple s’intéresse à une solution de mobilité électrique sans conducteur.

Nissan a présenté son concept de véhicule électrique autonome au Tokyo Motor Show.

Alors que des représentants de Google ont déclaré publiquement que leurs véhicules entièrement sans conducteur seront prêts à être commercialiser en 2020, Larry Burns, ancien chef de la technologie de GM, maintenant consultant sur le projet de voiture sans conducteur de Google, a déclaré que la technologie pourrait être prête en tant que telle dès 2018.

Elon Musk de Tesla parle aussi de la pleine autonomie d’ici trois ans. Les délais semblent se raccourcir. Tesla a lancé son pilote automatique en utilisant une mise à jour logicielle. L’état de Californie catégorise les nouveaux outils de Tesla comme de technologie NHTSA de niveau 2, qui, selon un porte-parole DMV, signifie « aide aux conducteurs à prendre de meilleures décisions ». Pour dissuader les automobilistes de trop compter sur sa technologie, le « Pilote automatique de Tesla est censé émettre un timbre sonore après environ 10 secondes de conduite en mains libres pour pousser les conducteurs à saisir à nouveau le volant, et si ignoré, il peut émettre des avertissements plus aigus et éteindre la radio ». Cependant, comme témoignent plusieurs vidéos installés sur YouTube, tous les conducteurs de Tesla ne semblent pas être pleinement attentifs et en contrôle de leur véhicule. Ce cas met en lumière une grande partie du problème concernant certaines des améliorations autonomes qui devraient être lancées au cours des prochaines années. Ces systèmes prévus dans les prochaines années sont conçus pour prendre en charge le train-train des déplacements quotidiens. Mais les experts en matière de sécurité sont inquiets que certains conducteurs soient distraits ou soient concentrés à vérifier leurs téléphones. Les assureurs, méfiez-vous!

Delphi et Quanergy se sont associés pour développer un faible coût (moins de 1000 $ US) LIDAR.

GM se déclare chef de file dans le domaine des technologies des véhicules autonomes. Le Super Cruise de Cadillac, la fonctionnalité qui sera lancée l’année prochaine, permettra aux conducteurs de retirer leurs mains du volant et leurs pieds des pédales. Le PDG Barra a révélé que la société travaille sur une méthode « créative » pour conserver le conducteur attentif à ce que la voiture fait en mode autonome. Pas plus de détails. Selon un article publié dans le Bloomberg Business : « la feuille de route de GM à l’égard de l’autonomie, à débuté par “Driver in charge” en 2010, progressant à “Driver mostly in charge” cette année, à “Car mostly in charge” en 2020, et enfin “Car in charge” en 2025. »

Honda a annoncé qu’il mettra une « voiture autonome sur la route d’ici 2020 ». Toutefois, étant donné la position de la plupart des constructeurs automobiles, il est probable que ce véhicule ne sera pas entièrement autonome. En fait, Honda et General Motors travailleraient ensemble à développer la technologie des véhicules sans conducteur.

Aussi, ce mois-ci, un groupe de travail, Securing American’s Future Energy (SAFE), a été créé en faveur des véhicules autonomes. Les membres du nouveau groupe de travail comprennent Larry Burns, conseiller de Google, et Lynn Liddle, vice-président exécutif chez Domino Pizza.

Peugeot Citroën a commencé les essais de leur technologie de véhicule sans conducteur.

Assurance

Au cours des dernières semaines, de nombreux articles et blogues ont été écrits sur la perception et la préparation de l’industrie de l’assurance pour l’arrivée des véhicules autonomes.

Alors que certains assureurs peuvent être endormis au volant, d’autres se préparent pour le nouvel aspect de la mobilité. USAA, par exemple, a conduit la dernière ronde de financement pour Automatic Labs, une société de technologie de la voiture connectée.

De nombreux articles ont porté sur le récent « piratage » d’une Jeep. Les constructeurs automobiles du monde entier ont créé le Crash Avoidance Metrics Partnership Consortium (CAMP), qui a déjà investi 11 années de recherche et d’essai des approches de sécurité. Cela souligne la possibilité de cyber produits d’assurance dans le monde de la mobilité. On prévoit que le cyber marché de l’assurance devrait atteindre 10 milliards de dollars d’ici 2020. En passant, le gouvernement canadien a annoncé investir 237 000 000 $ dans le financement de la cybersécurité au cours des 5 prochaines années.

Les intentions de Google concernant Google Compare ne sont pas claires. Alors que les activités de l’entreprise dans l’espace de l’assurance génèrent des revenus, on ne peut que spéculer que ces activités visent à fournir des indicateurs qui finiront par soutenir les efforts de Google dans le développement et la mise en marché de véhicules sans conducteur.

Selon un nouveau sondage de Forbes, près de 8 sur 10 conducteurs affiliés avec des sociétés de covoiturage comme Uber ou Lyft choisissent de ne pas divulguer leurs activités à leur agent d’assurance ou transporteur. Les mêmes statistiques pourraient-elles s’appliquer au Canada?

Après avoir offert une couverture de covoiturage en Géorgie, en Virginie, au Maryland et au Texas plus tôt cette année, GEICO élargit son offre à la Pennsylvanie.

Munich Re et Comet se sont engagés dans une étude de faisabilité axée sur les développements de données du véhicule autonome et de son marché.

Positionnement pour soutenir la concurrence dans le nouvel écosystème de la mobilité

Bien au fait de l’importance des cartes pour la mobilité des véhicules autonomes, Uber a fait l’acquisition de la technologie Bing Maps.

Audi, BMW et Daimler ont acheté la division de cartographie de Nokia, Here, pour 3,1 milliards $ US ! Here fut une acquisition stratégique que les constructeurs automobiles, en concurrence avec Google et d’autres géants de la technologie, ont qualifié de clé de la technologie de cartographie pour la commercialisation des véhicules sans conducteur. Le plan des constructeurs automobiles est de mutualiser les données de Here en temps réel (exemple : informations sur les routes glacées). Ils insistent sur le fait que Here fonctionnera comme une plateforme ouverte au bénéfice de tous les clients.

Voici d’autres raisons pour lesquelles l’achat de Here était important pour les constructeurs allemands :

  • Les fabricants automobiles peuvent recevoir les frais de licence de grandes entreprises comme Amazon, Bing, Yahoo, Flickr, SAP, Oracle et qui comptent déjà sur la plate-forme de cartographie Here.
  • L’entente permettra aux constructeurs automobiles de prendre le contrôle des données de localisation de l’utilisateur et de monétiser à travers la publicité locale.
  • La cartographie est essentielle à l’automatisation du véhicule et il fait beaucoup de sens que les entreprises automobiles voudront avoir le contrôle de cette information.
  • Freiner Google et autres géants de la cartographie.

Delphi a annoncé des acquisitions permettant à l’entreprise de mieux soutenir la concurrence dans l’espace des véhicules autonomes : le producteur de la technologie de conduite automatisée Ottomatika et des systèmes Quanergy, une société qui développe des systèmes de détection de la lumière et des scanneurs permettant aux voitures de localiser des objets et de générer des cartes numériques.

TomTom et Bosch collaboreront à l’élaboration de cartes très précises pour les véhicules autonomes.

Reconnaissant la valeur des données et que la mobilité de demain dépendra du contrôle de données, les constructeurs automobiles limitent le partage des données avec des partenaires technologiques comme Apple et Google.

Au cours des dernières semaines, nous avons noté plus de signes indiquant qu’Apple pourrait être sur le point de faire son entrée dans l’entreprise automobile. Le géant technologique a embauché deux personnes : Doug Betts (anciennement chef et vice-président directeur de la qualité chez Chrysler) et Paul Furgale (expert suisse des véhicules autonomes et de la robotique). Apple a également embauché un ingénieur chevronné Jamie Carlson, de Tesla Motors, dans le cadre des efforts d’Apple à construire une équipe d’experts dans la conduite automatisée. Au moins six autres personnes avec de l’expérience dans le développement de la technologie et des systèmes de conduite autonome se sont jointes à Apple, selon leurs profils LinkedIn.

Une autre preuve : Apple a gonflé son budget de R & D de 1,5 milliard de dollars. En outre, la visite d’un représentant d’Apple dans une usine de BMW a alimenté les rumeurs d’un éventuel partenariat entre les deux sociétés. The Guardian prétend avoir consulté des documents qui indiquent que les ingénieurs d’Apple du « secretive Special Project group de l’entreprise ont rencontré des représentants de GoMentum Station, une ancienne base navale de 2 100 hectares près de San Francisco qui a été transformée en terrain d’essai de haute sécurité pour les véhicules autonomes ». Bien qu’aucune confirmation n’a été fournie par Apple, les signes indiquent que l’entreprise est en fait à travailler sur le développement d’un véhicule autonome électrique.

Microsoft aurait accepté d’investir dans Uber dans le cadre d’un tour de financement qui valorise la société de courses à la demande à environ 51 milliards de dollars US.

Delphi Automotive a acheté Ottomatika, une filiale de l’Université Carnegie Mellon qui a fourni le logiciel utilisé pour piloter la voiture autonome d’Audi à travers les États-Unis plus tôt cette année.

Le plus grand constructeur automobile au monde selon le chiffre d’affaires est en train de redéfinir sa stratégie en ce qui concerne la fabrication et la distribution de voitures. Toyota croit que l’avenir de la mobilité pour les citadins réside dans la couverture des distances entre les transits et les destinations domicile/travail. Il veut donc se refaire une image en tant que fournisseur aux transports publics, et non pas seulement comme constructeur automobile.

Espérant attraper un morceau de la tarte d’investissement des voiture sans conducteur, l’Australie se prépare pour les essais de véhicules autonomes. Nous avons appris qu’Audi pourrait être à tester des voitures autonomes dans ce pays. Pendant ce temps, au Royaume-Uni, le gouvernement a publié des règles pour la circulation des véhicules d’autonomes sur les voies publiques.

Aux États-Unis, une variété d’intervenants issus de nombreuses industries (y compris la fabrication d’automobiles, de l’assurance et des télécommunications) se sont réunis pour élaborer une ville « fausse » dans le Michigan pour les essais de la technologie sans conducteur et des véhicules connectés. Michigan est seulement l’un des États qui cherchent à attirer les constructeurs automobiles et les entreprises de haute technologie à entreprendre des essais de véhicules sans conducteur. La Virginie, la Floride, le Nevada, le Texas et la Californie ne sont que quelques-uns des états en lice pour une part de la tarte de R & D.

Au cours du dernier mois, il a été révélé que Google a mis en place Google Auto dès 2011. La société est donc un constructeur automobile agréé. La technologie des véhicules autonomes de l’entreprise est à l’essai au Texas. Google voit plusieurs avantages à faire cela, y compris les tests dans un nouvel environnement avec de nouveaux défis, étant exposés à des points de vue au-delà de ceux de la Silicon Valley et d’un environnement réglementaire détendu avec aucune exigence de déclaration.

Le PDG de la SNCF, la compagnie ferroviaire française qui opère le TGV, a déclaré vouloir que l’entreprise offre des services de mobilité porte-à-porte : « Nous ne pouvons pas seulement fournir des trains ; nous devons ainsi tenir compte de ces quelques derniers miles pour les gens. Donc, nous voulons offrir des vélos, des voitures électriques, de l’autopartage, du covoiturage, des systèmes légers sur rail. »

Également de France, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, a confirmé que véhicules sans conducteur seraient bientôt testés sur les routes et autoroutes de France.

L’omniprésence de Google

Ce mois-ci, Google a annoncé la création de Sidewalk Labs, une société qui se concentrera sur l’amélioration de la vie en ville par « le développement de nouvelles technologies pour faire face aux problèmes urbains comme le coût de la vie, le transport et la consommation d’énergie ». La société sera dirigée par Dan Doctoroff, ancien NY Deputy Mayor of Economic Development et CEO de Bloomberg. Forte de la combinaison du véhicule autonome de Google, Google maps, l’implication de l’entreprise dans l’assurance et les données en ligne individuelle que Google possède, nous nous demandons comment Sidewalk Labs se positionnera dans le domaine de la mobilité urbaine.

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Acceptation de la technologie sans conducteur par les consommateurs

Un des obstacles à la commercialisation de véhicules totalement autonomes est l’acceptation des consommateurs. Dans un sondage national réalisé aux États-Unis, plus de 1 Américain sur 4 a déclaré qu’ils soutiendraient les limites des humains à conduire des voitures. Il est incroyable que ce nombre soit déjà aussi élevé qu’il l’est. Comme on en sait plus sur la technologie et ses avantages potentiels et que les gens entrent en contact plus étroitement avec la technologie (par le biais d’expériences telles les navettes sans conducteur dans les aéroports, les parcs à thème, etc.), le pourcentage de citoyens soutenant l’utilisation de véhicules sans conducteur va augmenter.

Dans un effort pour accroître la compréhension des consommateurs et l’acceptation éventuelle de la technologie, Google a lancé une page d’accueil explicative sympathique pour son projet de voiture autonome sur lequel la société partagera ses rapports d’activité mensuels. Ce qui fait suite à des rapports révélant que les VSC de Google avaient été impliqués dans 13 accidents au cours de plus de 1 million de miles de tests. La société a été rapide à souligner que les voitures autonomes de Google ne sont pas en faute. Google a également célébré le fait que leurs VSC avaient franchi la barre du million de miles. Le logiciel de la société a maintenant autopiloté l’équivalent de 75 années de conduite typique adulte américaine.

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